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Passation de pouvoirs à la Rôtisserie Au Gaulois de Croy
Virginie Girin et Cédric Rey succèdent aujourd’hui à Françoise et Pascal Locatelli à la tête d’une des meilleures tables de la région.

« Nous reprenons la direction du Gaulois en couple. Travailler ensemble de façon indépendante nous paraît la meilleure solution pour concilier notre activité professionnelle et notre désir d’avoir des enfants », disent en chœur Virginie Girin et Cédric Rey. Dès aujourd’hui, ils succèdent à Françoise et Pascal Locatelli, un couple de restaurateurs qui, en trente-six ans de carrière, a fait d’un café de campagne une table réputée loin à la ronde.

Merci grand-mères
 Dès l’enfance, Cédric Rey a su qu’il deviendrait un jour cuisinier. Ce natif de Chermignon, âgé de 27 ans, développe son goût pour la cuisine au contact de ses grand-mères: l’une savait apprêter à merveille les produits de la ferme et mettre en valeur les saveurs du terroir, l’autre confectionnait de délicieux gâteaux. Il fait ensuite son apprentissage à l’Hostellerie Pas-de-l’Ours, à Crans-Montana. Après un passage par Zurich, il est engagé au Restaurant du Cerf à Cossonnay, où il deviendra le second de Carlo Crisci.
C’est dans cet établissement qu’il fait la connaissance de Virginie Girin. La jeune lyonnaise a la restauration inscrite dans ses gènes grâce à un père chef de cuisine. En 2004, elle avait réussi son diplôme de sommelière dans la même volée que Françoise Locatelli, et les deux femmes s’étaient liées d’amitié.
Quand le jeune couple cherche à s’établir, il fait un saut par le Gaulois. Le courant passe entre les deux cuisiniers; la reprise du restaurant est scellée. Un challenge pour le jeune couple, même si leur philosophie de travail est proche de celle de leurs prédécesseurs. Pl. B.

24 Heures

Le jeune chef gaulois ne craint pas que le ciel lui tombe sur la tête
LE COUP DE FOURCHETTE | Il est tout jeune, Cédric Rey, mais il apprend vite. La vingtaine entamée, il secondait déjà Carlo Crisci dans son Cerf de Cossonay. Et, à 27 ans, le voilà qui a déjà repris, avec sa compagne Virginie Girin, elle aussi sommelière au Cerf, Au Gaulois, à Croy-Romainmôtier. Le jeune couple peut compter sur la réputation que les Locatelli ont construite depuis trente-six dans leur rôtisserie.
On ne change pas une formule qui gagne: les viandes grillées restent la pierre sur laquelle est bâti le palais. Mais la carte propose également de beaux poissons et quelques entrées raffinées dans la salle chaleureuse de la rôtisserie. Au café, les propositions sont légèrement plus simples. Du côté des entrées, nous avons apprécié la soupe de melon froide au porto, qu’agrémentaient des chips de jambon cru qui donnaient un agréable croquant au plat (14 fr.). Les filets de perche, eux, venaient du lac de Joux avant d’être servis en effilochée avec une escabèche juste relevée comme il faut (17 fr.).
Et la viande? Nous avons craqué pour le tournedos de bœuf, cuit juste comme nous l’avions demandé, d’une belle tendreté (52 fr.). Plutôt que la sauce échalote, nous avons préféré celle au poivre Maniguette ou poivre de Guinée, au goût subtil et peu agressif. Sinon, cœur de filet, côte ou faux-filet de bœuf sont proposés dès deux personnes (de 51 à 54 fr.) Dommage que les langoustines aient été un poil trop cuites avant d’accompagner avec bonheur leur friole d’artichaut (52 fr.). Un petit bémol sur le prix de ce plat, en regard du nombre de crustacés… Les filets de perche, eux, sont à 38 fr. Et deux menus permettent un joli parcours (de 65 à 120 fr.)
La carte des desserts est assez classique. Mais celle des vins fait un effort pour promouvoir les Côtes-de-l’Orbe, avant de s’élargir à la Suisse et à l’international, grâce au goût très sûr de Virginie Girin.

L’illustré

Délicieux coup de jeune
Virginie Girin et Cédric Rey succèdent aujourd’hui à Françoise et Pascal Locatelli à la tête d’une des meilleures tables de la région.

Cédric Rey et Virginie Girin ont eu le culot de reprendre le Gaulois de Croy et d’y imprimer leur personnalité sans rien bousculer. Un vrai bonheur..
Elle venait de Lyon et lui de Chermignon, ils se sont retrouvés au Cerf, à Cossonay, chez Christine et Carlo Crisci, Virginie Girin et Cédric Rey ne se sont plus quittés. Depuis août, ils sont à Croy-Romainmôtier à la tête de la mythique rôtisserie Au Gaulois. On dirait que les Locatelli ont tiré le gros lot en leur remettant cet endroit qu’ils aimaient tant.
On découvre en effet un jeune pro venu d’ailleurs se fondre dans son environnement culinaire sans perdre son identité, à l’écoute de ses voisins, curieux de leurs produits, souriant et rigoureux, apprêtant avec aisance des plats de répertoire bistrotier auxquels il donne un petit coup de jeune. C’est beau, c’est succulent, c’est fin, c’est généreux et on peut déjà dire comme les Genevois: Croy, j’y crois.

Cuisine du Terroir Orbe